Cet été, la question de savoir à qui appartiennent les mots et les images qui entraînent l'intelligence artificielle arrive à son point culminant au Royaume-Uni. Getty Images, l'une des plus grandes agences photo du monde, fait appel d'une décision majeure rendue en novembre dernier par la High Court, qui avait largement disculpé l'entreprise d'IA Stability AI de contrefaçon. Le juge avait estimé qu'entraîner un modèle sur des images protégées ne violait pas, en soi, le droit d'auteur britannique, car le modèle achevé ne conserve aucune copie des originaux.

Écrivains, photographes et musiciens s'estiment exposés : le travail de toute une vie peut être aspiré pour bâtir des outils lucratifs, sans leur consentement ni le moindre paiement. Les entreprises d'IA répondent qu'apprendre à partir de contenus publiquement accessibles ne diffère pas d'un humain qui les étudie, et préviennent que des restrictions trop lourdes ne feraient que délocaliser l'innovation. Le gouvernement teste désormais une « bourse » de licences pour rémunérer les créateurs — une tentative de réconcilier deux industries qui se disent chacune l'avenir.